2. « Renaissances et Renaissance »
L'autre ligne forte de l'ouvrage est la nette affirmation de la continuité des influences antiques à travers toute la période médiévale, y compris pendant les siècles obscurs. Pour Jean Adhémar, elles éclipsent les différents courants venus du proche ou du lointain Orient, dont certains, tel Jurgis Baltrušaitis (1903-1988), vont commencer l'étude. Elles permettent surtout, à partir d'observations factuelles, de poser le concept d'une Renaissance récurrente et périodique, en dehors d'un moment historique donné, les xve et xvie siècles. Même s'il l'a lu, Jean Adhémar ne cite pas le travail pionnier de Charles Homer Haskins, The Renaissance of the Twelfth Century (Cambridge, Mass., 1927) et n'emploie pas le terme de « renaissance », à une exception près, celle de la « Renaissance carolingienne » (IIIe partie, chap. II). Pourtant, le premier en histoire de l'art monumental, il a préparé la voie à une utilisation plus systématique de ce concept. Quand, en 1960, Erwin Panofsky reprend la matière de ses réflexions sur la question, dans son livre Renaissance and Renascenses in Western Art (Stockholm ; La Renaissance et ses avant-courriers dans l'art d'Occident, trad. franç., Flammarion, Paris, 1976), il reconnaît sa dette envers Jean Adhémar.
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