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ILKHAN D'IRAN LES

Descendants de Hülegü (Hūlāgū), frère du grand khān mongol Qubilai [Kūbīlāy] (1260-1294), qui conquièrent et réunifient l'Iran dans la seconde partie du xiiie siècle et s'efforcent de faire renaître la vie économique et culturelle dans l'Orient musulman dévasté par les hordes mongoles.

À l'instigation de son frère, le grand khān Möngke (Māngu), Hülegü s'efforce d'abord de reprendre en main les territoires au sud de l'Oxus qui, depuis la mort de Gengis-khān (1227), ont échappé au contrôle mongol. Après avoir brisé en 1256 la résistance des ismaïliens Hülegü (1256-1265) conquiert Bagdad en 1258. Il fait mettre à mort le dernier calife ‘abbāside de Bagdad, et marche sur la Syrie. Mais il est arrêté en Palestine par les Mamlūk d'Égypte (1260). Il gouverne alors au nom du grand khān les régions de l'Iraq de la Perse, du Caucase et de l'Anatolie. Ainsi constitué, le royaume īlkhānide est menacé de l'extérieur en raison de ses rivalités avec d'autres maisons mongoles (Horde d'or au nord, Čaghataï à l'est), ce qui a pour conséquence l'alliance politique et commerciale de la Horde d'or avec les Mamlūk. De leur côté, les Īlkhān tentent vainement de conclure une alliance antimusulmane avec les princes chrétiens, les croisés et les Arméniens de Cilicie. En fait, leurs principaux rivaux sont les Mamlūk d'Égypte auxquels ils disputent la Syrie.

Sous la pression de leur entourage iranien, les Mongols finissent par s'islamiser surtout à partir de Ghazān-khān (1295-1304) et sous son frère Öldjeytü [Uldjāytū] (1304-1317), tous deux favorables au shī‘isme. En dépit des guerres et des rivalités intérieures, la « période īlkhānide » est assez prospère pour l'Iran qui reprend son rôle de plaque tournante entre l'Orient et l'Occident et est en relations commerciales avec l'Italie, l'Inde et la Chine. Les capitales īlkhānides (Tabrīz, Marāgha, Solṭānīyāh) deviennent des centres culturels brillants et sont embellies de monuments (mosquées, madrasa, hôpitaux, etc.) ; des monuments de style īlkhānide sont aussi édifiés dans les provinces (Varāmīn, Iṣfahān).

Les Īlkhān développent considérablement le réseau de communications (routes, relais postaux, caravansérails). Ils introduisent un nouveau système d'administration et de taxation qui va se maintenir jusqu'à l'époque ṣafawide et ils s'efforcent de faire renaître la vie économique (agriculture, artisanat, commerce).

L'empire īlkhānide se fractionne après Abū Sa‘īd (1317-1335), dernier grand souverain de la dynastie, mort sans héritier légitime. Après de vaines luttes de succession, l'Iran est à nouveau divisé en principautés et une partie du Khurāsān est même contrôlée par la curieuse « république shī‘ite » des Sarbedār (1337-1381). C'est sous la protection de princes locaux que s'opère une certaine renaissance de la tradition littéraire persane. La réunification brutale de la Perse fut l'œuvre de Tamerlan à la fin du xive siècle.

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