2. Mythe et modernité
On retrouve dans Les Enfants terribles les thèmes de prédilection de Cocteau : homosexualité, mensonge, drogue, inceste, qui servent à créer un univers interdit aux adultes, marqué par la transgression et la révolte, porté par une exigence d'absolu et de pureté empruntée aux grands mythes de la tragédie grecque, comme Antigone, que pourrait incarner Élizabeth. Auréolé d'insolence et de beauté, Dargelos incarne l'ange noir, chez qui le génie du mal côtoie la blancheur de l'innocence. C'est par lui que le scandale arrive, que l'ordre bourgeois est troublé par l'intrusion onirique d'une surréalité juvénile, que la banalité quotidienne d'une famille s'élargit à la dimension du drame des Atrides. La pureté, l'amour et la mort concourent à créer la beauté du diable qui est la marque de la jeunesse. Comme dans le mythe d'Orphée (1926), celle-ci ne doit jamais se retourner sur ses pas au risque de pulvériser l'harmonie fragile d'une complicité qui repose, comme une société secrète, sur une initiation et un secret inviolable.
Le roman fit l'objet en 1950 d'une transposition cinématographique de Jean-Pierre Melville, à laquelle Cocteau participa.
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