Fils d'un arpenteur, passionné de lecture, Leonide Andreïev fait des études de droit à Saint-Pétersbourg, publie des chroniques judiciaires, puis des feuilletons dans Le Courrier, et acquiert une certaine renommée avec un récit pascal, Bergamote et Garaska (Bergamot i Garas'ka, 1898). Gorki l'introduit dans les milieux littéraires, l'encourage et le conseille. Proche de Tchekhov, de Gorki, de Korolenko, de Kouprine, il témoigne dans ses récits de sympathie à l'égard des humbles, des victimes de la société : Petka en villégiature(Pet'ka na dače), À la rivière (Na Reke), Le Cadeau (Gostinec), et dénonce l'esprit petit-bourgeois : À la fenêtre (U okna), Grand Schelem (Bol'šoj Šlem), Il était une fois (Žili byli).
Lecteur passionné de Dickens, Andreïev conservera toujours une prédilection secrète pour le « Christmas Carol » ou le récit pascal destinés à émouvoir, à réconcilier le riche et le pauvre, le bourreau et la victime. Cependant s'affirment déjà ses conceptions pessimistes. Sous l'influence de Hartmann, de Schopenhauer, Andreïev condamn […]
