4. L'art
L'œuvre artistique de Léonard, et plus particulièrement son œuvre peint, constitue l'un des cas les plus difficile de l'histoire des arts. L'originalité et le rayonnement en sont manifestes et pour certains contemporains tenaient du prodige, mais tout gêne et complique l'établissement d'un catalogue : ouvrages ruinés ou disparus quand ils sont attestés ; ouvrages sans documentation, prêtant à d'interminables débats d'attribution, double version du même ouvrage, tableaux inachevés, copies anciennes trop nombreuses.
• La peinture
Au xixe siècle, certains auteurs réunissaient hardiment une cinquantaine de tableaux qu'ils donnaient à Léonard ; personne aujourd'hui ne peut être affirmatif pour plus d'une quinzaine d'ouvrages. Il suffit d'un tableau récapitulatif pour établir que la plupart des tableaux de la période de jeunesse sont des récupérations, d'ailleurs souvent acceptables, du xixe siècle, et que le nombre des ouvrages perdus ou détruits est énorme (au moins sept) et celui des ouvrages inachevés élevé (cinq). La réputation de Léonard peintre s'est faite aux temps classiques sur un tout petit nombre d'œuvres sûres (La Cène, Mona Lisa), et beaucoup d'attributions douteuses, dont il ne reste que le souvenir. Il faut noter enfin que si les collaborations sont caractéristiques de l'œuvre de jeunesse, quand Léonard est lié à Verrocchio, elles le sont aussi de l'œuvre du maître après 1500, qui se contente d'élaborer des cartons que développeront les disciples.
Toute cette production apparaît comme étroitement liée aux programmes et à la commande. Léonard est un peintre qui obéit à l'occasion, qui ne la devance et surtout ne la provoque pas (sauf une exception : pour des raisons d'ordre pratique, il aurait, d'après Vasari, demandé à son retour à Florence, en 1500, qu'on le charge du panneau destiné à l'autel majeur de l'Annunziata). Mais par son activité graphique et réflexive, il est préparé à toute éventualité. Il a d'aill […]
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