2. Théorie de l'échange et conception de l'équilibre général
Pour Walras, qui en a proposé plusieurs définitions, l'économie politique pure « est essentiellement la théorie de la détermination des prix sous un régime hypothétique de libre concurrence absolue ». Elle est, par là même, « la théorie de la richesse sociale qui rassemble toutes les choses, matérielles ou immatérielles, qui sont susceptibles d'avoir un prix parce qu'elles sont rares, c'est-à-dire à la fois utiles et limitées en quantité ». Ainsi, prenant en considération les relations de choses à choses, elle se présentait comme l'étude des relations dans un milieu idéal, étant entendu toutefois que l'économie « pure-hypothèse » de la fin du xixe siècle n'était pas l'économie « pure-nécessaire » des classiques. Dans ce schéma, les applications représentaient donc la réintroduction des données concrètes : l'économie appliquée s'intéressant aux relations d'hommes à choses, l'économie sociale aux relations d'individus à individus, l'une mettant l'accent sur les phénomènes de production, l'autre sur les phénomènes de répartition. À partir de cette délimitation qui sera chez Vilfredo Pareto associée à la méthode des approximations successives, Walras pouvait, en économie pure, supposer « un marché parfaitement organisé sous le rapport de la concurrence, comme, en mécanique pure, on suppose toujours des machines sans frottement » : ambition métaphoriquement illustrée de parvenir en sciences sociales à des énoncés d'une rigueur comparable à celle qui caractérise, en les distinguant, les propositions des sciences exactes. Mais, s'il est vrai que la théorie walrassienne des prix ne se comprend qu'en référence à l'analyse du rapport demande-prix, à la définition des prix de monopole, à la conception d'ensemble du système économique et surtout à la démarche méthodologique de Cournot, de la même manière que la théorie walrassienne de la valeur n'est intelligible dans sa genèse qu'en tenant compte de l'apport d'Auguste Walras, on pe […]
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