Né en 1946 à Luxembourg, Léon Krier fait ses études d'architecture à l'université de Stuttgart en Allemagne. Immédiatement opposé aux principes de l'architecture et de l'urbanisme moderne qui lui sont proposés, il collabore pendant quelques années avec le Britannique James Stirling, dont les constructions spectaculaires qui précèdent sa période post-moderniste contrastent déjà avec la rigueur du modernisme des années 1960.
Installé en Angleterre en 1968, Léon Krier enseigne l'architecture et mène une activité théorique importante, publiant ses écrits et ses projets urbains dans les principales revues d'architecture européennes : centre civique à Derby (1970), extension de l'abbaye d'Echternach (1970), musée Sprengel à Hanovre (1972), Royal Mint Avenue à Londres (1974), parc de La Villette à Paris (1976). Dans toutes ses propositions, Léon Krier milite pour un retour à la ville traditionnelle, fondé sur une redéfinition des espaces publics et de leur rapport au bâti ; conjointement, il tente de démontrer l'actualité de la culture classique et vernaculaire, les vertus de types architecturaux immédiatement identifiables, ainsi que la supériorité de la construction artisanale sur l'industrialisation du bâtiment. Ces prises de positions radicales l'éloigneront pour longtemps de la commande : sa première construction est une maison en Floride, à Seaside (1988) et il devra attendre 1994 pour concevoir un bâtiment public : la Cour de Justice de Luxembourg, en association avec son frère Robert Krier – qui partage des convictions à peu près analogues, mais dont l'œuvre construite est plus importante.
Fort de quelques indéfectibles soutiens, Léon Krier ne cessera toutefois de faire entendre la voix d'un « nouvel » urbanisme. En 1978, il signe, avec plusieurs autres architectes (Maurice Culot, Antoine Grumbach, Pierluigi Nicolin), la « Déclaration de Palerme », puis la « Déclaration de Bruxelles », manifestes pour la « reconstruction de la ville européenne ». La même année, il rassemble ses projets dans l'ouvrage Arc […]
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