“Ma génération a vu l'éclosion de l'automobile, la naissance et le développement de l'aviation, l'apparition des abstraits, la découverte de la quatrième dimension, la crise de 1930, des guerres, une formidable évolution sociale, l'informatisation.” Mort à quatre-vingt-neuf ans, symbole et prototype de ces “petits patrons” qu'il a si bien défendus, Léon Gingembre a mené une vie pleine de combats et de passion.
De tempérament fougueux, le jeune Gingembre est renvoyé de plusieurs lycées : “J'étais insolent comme le sont beaucoup de gens timides.” Après des études de droit et un service militaire dans un bataillon de chasseurs alpins au Maroc, il “bourlingue”, comme il dit, d'un métier à un autre, avant d'entrer dans la société familiale que dirige son père. Auparavant, il a travaillé un temps au service des études de la Chambre de commerce, d'où il a été “ viré” comme le lycéen turbulent qu'il fut. Timide, mais effronté.
En 1936, à l'occasion des accords Matignon, Léon Gingembre constate que la Confédération générale de la production, l'ancêtre du C.N.P.F., ne représente pas les petits patrons. Dès 1943, il met sur pied la Confédération générale des petites et moyennes […]
