La forte personnalité de Léon Gambetta domine les débuts de la IIIe République, dont il est l'un des principaux fondateurs, sinon même l'incarnation aux yeux des Français. À la fin du second Empire, ce jeune avocat, né à Cahors dans une famille d'origine italienne et qui était venu chercher fortune à Paris, est révélé par le procès Baudin (1868). La plaidoirie qu'il prononce à ce procès intenté par le second Empire aux journaux favorables à une souscription pour élever un monument à la mémoire du député Baudin le rend célèbre du jour au lendemain. Son élection à Belleville en 1869, après avoir lancé un programme que les radicaux reprendront plus tard à leur compte, fait de lui le porte-parole des républicains intransigeants face à l'Empire. Membre du gouvernement de la Défense nationale en 1870-1871 et partisan de la guerre à outrance, il sait faire preuve d'un dynamisme et d'un sens de l'organisation qui lui permettent de lever de nouvelles armées et consacrent ses qualités d'homme de gouvernement.
Le 4 septembre 1870, Gambetta est, avec Jules Favre, à la tête des « légalistes » qui veulent l'établissement de la République dans l'ordre. Il accepte l'armistice en janvier 1871, mais pour permettre de reprendre la « lutte à outrance », et c'est de Bordeaux qu'il lance son appel à tous les Français, des légitimistes aux ouvriers des villes, pour la défense du sol sacré. Gambetta se retrouve parmi les cent douze républicains de l'Assemblée conservatrice élue en février, mais démissionne avec éclat lorsque ses électeurs du Bas-Rhin sont abandonnés à l'Allemagne. Les élections complémentaires de juillet 1871 le renvoient cependant à la Chambre ; les partisans d'une restauration proclament que c'est avec la complicité de Thiers, dont les déclarations encouragent l'institutionnalisation de la république. Il attaque pourtant Thiers dans son discours de février 1873, en disant qu'il refuse la république conservatrice « entre les mains d'un grand pensionnaire à vie ou d'un stathouder […]
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