3. Utilisation
Les lectines constituent des outils de travail remarquables dans l'étude de plusieurs problèmes biologiques, et leurs utilisations se multiplient. C'est ainsi qu'elles sont fréquemment employées en immunologie, sérologie, cancérologie, biologie cellulaire, etc.
En hématologie, elles sont couramment utilisées pour caractériser les groupes sanguins, séparer les leucocytes et les érythrocytes, agglutiner les cellules sanguines afin de séparer le plasma, déceler et isoler les macromolécules contenant des résidus saccharidiques, et, parmi ces macromolécules, déterminer les antigènes des groupes sanguins.
En immunologie, par leur interaction avec les saccharides, elles servent de modèle pour les anticorps spécifiques des hydrates de carbone. Elles offrent l'avantage d'être disponibles purifiées en quantité notable. L'autre avantage tient à ce que les sites de liaison sont homogènes et non interactifs contrairement à ceux des anticorps immuns. Les lectines mitogènes sont employées pour déceler les allergies médicamenteuses, pour reconnaître les déficiences immunologiques congénitales ou acquises, pour détecter les sensibilisations dues aux maladies infectieuses, pour juger des effets de diverses manipulations immunosuppressives et immunothérapiques. Elles servent dans le diagnostic de maladies génétiques liées à des anomalies chromosomiques ainsi que dans celui d'états de polyagglutination qui accompagne certaines infections bactériennes et virales.
En biologie cellulaire, elles présentent un grand intérêt : étudier la nature et les structures des membranes possédant des résidus saccharidiques.
Dans la recherche sur le cancer, les phytohémagglutinines permettent de révéler les différences de propriétés des surfaces des cellules tumorales et normales grâce à la visualisation des changements de distribution des sites récepteurs. Dans la thérapeutique du cancer, en couplant, par exemple, avec la lectine du ricin (plus précisément sa sous-unité toxique) des anticorps dirigés contre les antigènes de surface des cellules cancéreuses, on dispose d'une arme hautement et spécifiquement toxique envers les cellules tumorales.
Dans un domaine tout différent, les lectines sont utilisées dans la lutte contre les nématodes du sol, vers parasites qui commettent d'importants dégâts dans les cultures. Des champignons carnivores produisent des organes de capture qui piègent spécifiquement les anguillules. La spécificité est chimique et relève de lectines qui sont identifiées par les sucres qu'exsudent les nématodes.
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