Parfois nommé Écouchard-Lebrun, il est aussi désigné par son surnom de Lebrun-Pindare, qu'il dut en son temps à la renommée de ses Odes. On peut se reporter, pour des renseignements assez complets sur sa vie et ses œuvres, aux articles que Sainte-Beuve lui consacre dans les Portraits littéraires (tome I) et dans les Causeries du lundi (tome V).
Lebrun est né dans la maison du prince de Conti, dont son père était valet de chambre. Il fait de brillantes études au collège Mazarin et manifeste dès l'enfance un talent pour la poésie. De plus, camarade de collège du jeune Racine (le petit-fils du poète), il reçoit les conseils de Louis Racine. Attiré par la poésie lyrique, il écrit des odes. En 1755, une Ode sur la ruine de Lisbonne lui est inspirée par la mort de son jeune ami Racine, victime du tremblement de terre. L'année suivante, dans son Ode sur les causes physiques des tremblements de terre, assortie d'un Discours sur le génie de l'Ode, il manifeste son désir d'égaler Pindare et Lucrèce.
En 1760, ayant rencontré une petite-nièce de Corneille réduite à la misère, il écrit une ode pour la recommander à Voltaire qui, touché, prend la jeune fille en charge. Fréron, à ce sujet, raille Voltaire et Lebrun à la fois ; ce dernier publie contre Fréron deux pamphlets : La Wasprie et L'Âne littéraire. Cette polémique développe les penchants satiriques de Lebrun, dont certaines épigrammes sont connues pour leur mordant, témoin cet exemple :
— On vient de me voler...— Que je plains ton malheur !— Tous mes vers manuscrits...— Que je plains le voleur !
Le poète est sans doute porté à l'agressivité par une vie privée fâcheuse, un mariage (1759) marqué par des scènes de violence, une séparation (1774) qui détruit sa fortune ; il fait état de ce drame personnel dans son élégie intitulée Némésis. Il subsiste grâce à une pension annuelle, mais, malgré ces faveurs de la Cour, il se jette dans la Révolution avec un violent enthousiasme. En 1794, il célèbre la liberté et ses héros dans son Ode sur le vaisseau « Le Vengeur », qui est peu […]
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