Avec Le Surréalisme et la peinture, publié en 1928 par la N.R.F., André Breton (1896-1966), poète et théoricien du surréalisme, précise la position du mouvement à l'égard de l'expression plastique. Très tôt, en effet, la question de l'existence d'une peinture surréaliste s'est imposée dans les débats du groupe, tandis que les expérimentations menées par certains artistes révélaient une claire parenté d'intention avec les recherches littéraires. Le silence réservé et prudent du Manifeste du surréalisme paru en 1924 – la peinture n'y était pas mentionnée – n'était dès lors plus tenable. En 1928, donc, et sans toutefois évoquer directement l'idée d'une peinture surréaliste, Breton balise le champ à explorer par la peinture, convoque les grands éclaireurs de ces voies nouvelles et dresse un premier panorama du surréalisme en peinture.
Le texte s'ouvre sur l'une des plus célèbres déclarations de Breton – « L'œil existe à l'état sauvage » ; les réflexions qui suivent développent et éclairent le sens de cette phrase inaugurale et lapidaire. Elles se déploient en trois temps à la fois distinct […]
