Publié en 1926, et également intitulé Fiesta, Le soleil se lève aussi, premier roman d'Ernest Hemingway (1899-1961) qui lui valut aussitôt le succès, reprend en exergue la remarque de son amie et compatriote Gertrude Stein : « Vous êtes une génération perdue. » Exprimant la désillusion de l'après-guerre, il emprunte son titre à un passage de l'Ecclésiaste.
1. Une jeunesse à la dérive
Le héros et narrateur, Jake Barnes, est un journaliste américain qui a rompu avec la société bourgeoise à la suite d'une blessure de guerre qui l'a laissé émasculé. À Paris, il retrouve la séduisante lady Brett Ashley qu'il a connue autrefois : « Brett était sacrément belle. Elle portait un pull-over en tricot, une jupe de tweed et les cheveux rejetés en arrière, à la garçonne. Elle lançait ces modes. Elle n'était faite que de courbes, comme la coque d'un yacht de course, et ce jersey de laine n'en laissait ignorer aucune. » Brett compte, entre autres admirateurs, Robert Cohn, amateur de boxe maladroit et gaffeur, plutôt antipathique, qui a publié un roman. Quittant Paris pour assister à la feria de Pampelune et au rituel de la corrida, Brett et Jake se sentent attirés l'un vers l'autre. Mais la blessure de Jake lui interdit toute liaison. Brett prend pour amant un jeune torero, Pedro Romero, avec qui elle part. Cohn, vexé et jaloux, supporte toutes les humiliations avec masochisme, avant de passer sa rage contre Jake, puis contre Pedro Romero. Mais ce dernier ne s'avoue pas vaincu, et Cohn est contraint de partir. Quand le jeune torero parle d'épouser Brett, celle-ci refuse et choisit un autre homme, Michael Campbell, qui appartient à son milieu. Le récit se termine en évoquant la purification symbolique de Jake marchant dans la mer.
2. La confrontation avec la mort
Le soleil se lève aussi est une histoire de bohèmes à la dérive cherchant tour à tour le réconfort dans l'alcool et l'érotisme, l'excitation dans la boxe et la corrida, qui sont l'équivalent de la guerre en temps de paix. Cet épicurisme s'apparente au désespoir. Ici sourdent déjà les deux polarités qui marquent l'œuvre d'Hemingway, […]
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