La création du Sacre du printemps, le 29 mai 1913, au théâtre des Champs-Élysées, à Paris, a donné lieu à l'un des plus fameux scandales de l'histoire de la musique, empoignades entre les spectateurs, sifflets et hurlements couvrant la musique. Alors que la comtesse de Pourtalès déplorait qu'on lui manque de respect pour la première fois de sa vie, Ravel criait au génie. Ces « Tableaux de la Russie païenne » en deux parties avaient été commandés à Stravinski par Serge de Diaghilev pour ses Ballets russes. L'argument était signé Stravinski et Nicolas Roerich, la chorégraphie Vaslav Nijinski ; l'orchestre était dirigé par Pierre Monteux. Stravinski reconstitue un rituel sacral païen, plongeant aux origines du paganisme russe, comme l'avait fait avant lui Rimski-Korsakov dans plusieurs de ses opéras. Mais le langage est radicalement nouveau, ce qui a dérouté les musiciens et l'auditoire : rudesse des agrégats harmoniques, mélanges de tonalités, figures répétées de manière obsessionnelle, structures polyrythmiques, violence de l'orchestration. L'effectif instrumental est considérable. La Danse sacrale finale est un condensé en forme de chaos de la tension accumulée au cours des deux parties. Le Sacre du printemps s'est rapidement imposé comme la pierre fondamentale de la musique du xxe siècle.
Son
Le Sacre du printemps Igor Stravinski (1882-1971) «Danse sacrale» du Sacre du printemps (1913) Orchestre de la Suisse romande, direction Ernest Ansermet (enregistré en 1957). Image: Le compositeur Igor Stravinski, à droite, et Serge de Diaghilev, le directeur des Ballets russes, en 1921 à Séville.
Crédits: Musique: "LE SACRE DU PRINTEMPS" (Igor STRAVINSKI) © EDITIONS MUSICALES BOOSEY&HAWKES/LEDUC
Interprété par l'orchestre de la Suisse Romande
Sous la direction de Ernest ANSERMET
(p) 1958 DECCA RECORDS COMPANY LTD
AVEC L'AIMABLE AUTORISATION DE UNIVERSAL MUSIC PROJETS SPECIAUX.
Image: © Hulton Getty Picture Collection.
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Alain PÂRIS
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