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LE ROMAN COMIQUE, livre de Paul Scarron

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2.  Le comédien et l'art du paraître

Il serait infructueux de réduire Le Roman comique à un document sur le théâtre de province du xviie siècle, un roman à clef, ou même un roman « réaliste ». Le narrateur, qui régit très librement l'ensemble du récit, installe sa propre distance à travers le burlesque, le jeu sur le langage et la distorsion de l'humour, pour simultanément faire l'apologie de la comédie et transposer à son profit les procédés dramaturgiques dans le champ romanesque. Représenter la comédie avec les armes du roman permet alors de plaider pour la comédie et le théâtre dans son ensemble, fût-il provincial, pour enfin légitimer le roman moderne contre les « grands » romans de l'époque.

Quant aux comédiens, ils sont réhabilités parce qu'ils endossent à leur profit les valeurs positives de la modernité : honnêteté, mérite, art de bien faire. Le comédien se révèle ici un bon artisan et même quelqu'un qui sait introduire la vertu dans son jeu. Il lui suffit de ne pas se limiter à la représentation farcesque et de se hausser jusqu'à l'honnêteté, via sa pratique théâtrale. Son métier est donc de bien paraître, d'assumer cette conformité sociale nouvelle qui consiste à entrer dans la saine apparence du monde en connaissant les pièges de la représensation. Or, puisqu'il a côtoyé les vices des apparences dans sa pratique théâtrale, le comédien saura s'en dégager pour lui-même et faire valoir cette pratique dans son jeu comme dans sa vie. Il accédera ainsi à la notoriété, en différentes étapes : de l'univers du peuple, de la farce et des tréteaux, il passera à la comédie, à la tragi-comédie, entrera dans les salons provinciaux, avant d'accéder au « presque Paris », pour enfin entrer dans Paris, lieu du théâtre honnête – où Scarron fait jouer ses pièces. Le Roman comique fait ainsi du comédien un des héros de l'évolution sociale, aux antipodes de la forte hiérarchie qui régit les romans du temps : ceux de Mlle de Scudéry ou d'Honoré d'Urfé.

Grâce au principe de la comédie qui est au cœur de l'œuvre, apparaît un roman libéré de ses grands modèles, honnête dans son apparence, mêlé dans son organisation, en tout point respectable, et pour tout dire bourgeois. Furetière s'en souviendra.

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« LE ROMAN COMIQUE, Paul Scarron » est également traité dans :

SCARRON PAUL (1610-1660)

Écrit par :  Antoine ADAM

Dans le chapitre "« Le roman comique »"  : …  *En 1648, Scarron décida d'écrire un roman. La première partie de l'œuvre parut en 1651, la deuxième en 1657. Intitulée Le Roman comique, elle demeurait inachevée. Une troisième partie aurait dû s'y ajouter. Scarron mourut avant de l'avoir écrite. L'interprétation de cette œuvre singulière exige des distinctions précises. Il est trop simple… Lire la suite

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