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LE ROI LEAR, William Shakespeare

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Le Roi Lear et ses trois filles, W. Hilton

Publié pour la première fois en 1608, Le Roi Lear, dont Victor Hugo admirait la « construction inouïe », est l'une des grandes tragédies de la maturité de William Shakespeare (1564-1616), l'une des plus intensément émouvantes aussi. Inspirée entre autres du chroniqueur médiéval Holinshed, mais aussi d'une pièce anonyme jouée en 1590 (The True Chronicle History of King Leir), elle plonge dans les racines historiques de l'Angleterre préchrétienne pour en tirer une tragédie de dimension mythique.

1.  En chemin vers l'amer savoir

L'œuvre obéit à une structure d'une épure remarquable, mêlant habilement deux intrigues qui se complètent l'une l'autre. Le roi Lear, dès l'ouverture de la pièce, décide de se retirer et de partager son royaume entre ses trois filles : l'équité devra être parfaite, pour prévenir les possibles interférences passionnelles et assurer au royaume une succession pacifique. Mais le don de ce père, qui choisit d'anticiper l'heure de sa fin, n'est pas aussi désintéressé qu'il en a l'air : l'héritage se voit conditionné par l'expression à son égard d'une parole d'amour publique, à laquelle se prêtent avec trop de complaisance les deux filles aînées, Goneril et Régane. Quant à la jeune Cordélia, la préférée, elle refuse de recourir à la flatterie, qui confondrait les valeurs de l'être et de l'avoir : opposant le silence, le « rien », au désir de ce père trop aimant, elle provoque sa fureur ; en découlent son bannissement, ainsi que celui de Kent, serviteur fidèle qui a dénoncé l'aveuglement du roi. La pièce va mettre en lumière les conséquences de cette faute primordiale en montrant la justesse de la prophétie faite par Cordélia avant son départ pour la France : « Le Temps déploie les plis cachant la fourberie,/ Des forfaits qu'il voilait, la honte un jour se rit. » (acte I, scène 1) Dans l'intrigue secondaire, le noble Gloucester, véritable double de Lear, se méprend lui aussi sur la vraie nature de son fils illégitime Edmond, son préféré, qui médite la perte de s […]

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« LE ROI LEAR, William Shakespeare » est également traité dans :

SHAKESPEARE WILLIAM (1564-1616)

Écrit par :  Henri FLUCHÈRE

Dans le chapitre "L'amour, la fureur et la mort"  : …  sa grandeur ? On peut aller plus loin encore dans l'exploitation des ravages de la déraison. *Dans Le Roi Lear, elle atteint la démesure, qu'il s'agisse du royaume, de la famille, ou des destinées individuelles. Le jugement est aveuglé au départ par le mensonge et l'hypocrisie, et c'est l'erreur initiale, qui bouleverse les rapports… Lire la suite

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