Une jolie fillette ne se méfie pas du loup. Il la mange. Paradoxe : ce récit qui finit mal est le seul des Contes de ma mère l'Oye (1697) qui appartienne organiquement au répertoire de l'enfance. C'est qu'il relève de la catégorie des « contes d'avertissement », destinés à prévenir l'enfant des dangers qui le menacent hors de la maison.
Le conte porte le numéro 333 dans la classification internationale Aarne-Thompson, mais son héros animal a entraîné de nombreuses contaminations avec le conte no 25, Le Loup, la Chèvre et le Chevreau (La Fontaine, Fables, IV, 15) qui contient une situation similaire. Autre élaboration très célèbre : La Chèvre de M. Seguin, d'Alphonse Daudet, dans Les Lettres de mon moulin (1866). Les versions orales non influencées par l'imprimé présentent plusieurs motifs qui tombent peu à peu dans l'oubli : ainsi ces chemins des aiguilles et des épingles que le loup propose à l'enfant. Choix absurde qui est en réalité un jeu : dans un cas, on fait mine de piquer l'enfant, dans l'autre, de le pincer.
La version adaptée par les Perrault est relativement fidèle aux techniques de l'art populaire. E […]
