2. La parole salvatrice
Illustration du pouvoir salvateur des mots, ces Mémoires demeurent à ce jour un des plus beaux hommages que leur ait donné la prose arabe moderne. Peu de textes offrent l'exemple d'une écriture aussi parfaite, aussi maîtrisée, comme si le travail sur l'expression contribuait à surmonter l'émotion suscitée par la peine de la mémoire. Alors qu'il ne fait pas mystère du caractère autobiographique de ses souvenirs, Taha Hussein a choisi de parler de lui-même à la troisième personne, comme pour créer une distance entre cette image de lui, surgie de son passé, et la voix narratrice de l'adulte. Une voix dont le grain si particulier, fait de douleur et de fierté, vibre toujours, très proche, en dépit des jours enfuis.
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