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LE JOUR SE LÈVE, film de Marcel Carné

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Classique français du « réalisme poétique » des années 1930, Le jour se lève vient après l'un des plus grands succès de Marcel Carné, Quai des brumes (1938), auquel il semble reprendre beaucoup d'éléments, aussi bien pour l'équipe (le dialoguiste Jacques Prévert, le décorateur Alexandre Trauner, le musicien Maurice Jaubert, et Gabin dans le rôle principal) que pour la thématique (la fatalité qui poursuit un homme simple). Cependant, le film fut moins bien accueilli, et parfois considéré comme un ressassement. Ce n'est que plus tard qu'il sera reconnu comme le chef-d'œuvre de Carné, notamment grâce au critique André Bazin.

Marcel Carné (1906-1996) connaîtra ensuite de grands triomphes pendant et juste après la Seconde Guerre mondiale, avec deux films en costumes : le conte médiéval Les Visiteurs du soir (1942), et le mélodrame romantique Les Enfants du paradis (1945). Cependant, en dépit du succès public de films « dans l'air du temps », comme Les Tricheurs (1958), il aura du mal à retrouver la force de ses débuts, à l'exception d'un Thérèse Raquin (1953), d'après l'œuvre d'Émile Zola.

Le jour se lève est donc le classique de son auteur, s'inspirant d'un cinéma muet encore assez proche et de la tradition allemande de ce qu'on a appelé le Kammerspiel, que Carné a su transposer avec succès dans le cadre français : la « pièce de chambre », le drame épuré situé dans un nombre limité de décors et dans un milieu social modeste, débouchant sur une fin tragique pressentie au début.

1.  Compte à rebours

Dans les années 1930, au dernier étage d'un immeuble isolé dominant un quartier populaire, résonne un coup de feu : François, ouvrier dans un atelier de sablage, vient de tuer un homme. Cerné par la police, sans espoir, il refuse de se rendre, malgré les appels de ses amis, et revit en flash-back les événements qui l'ont mené là : sa rencontre avec une jeune fleuriste, Françoise, dont il est tombé amoureux, et qui a été séduite par Valentin, un dresseur de chiens, « protecteur » provocant et équivoque ; sa liaison –  sans amour – avec Clara, l'ancienne assistante du dresseur ; et ce dernier, qui vient le provoqu […]

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« LE JOUR SE LÈVE, Marcel Carné » est également traité dans :

CARNÉ MARCEL (1909-1996)

Écrit par :  N.T. BINH

Dans le chapitre "Deux mythes cinématographiques"  : …  prévertienne (les femmes : Arletty, Maria Casarès ; le Destin : Pierre Renoir, Gaston Modot...). *Le jour se lève s'impose avec les ans comme la réussite la plus parfaite de Marcel Carné. Le récit par retours en arrière imaginé par Jacques Viot charpente admirablement la trame criminelle, que Carné mène à son terme inexorable avec… Lire la suite

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