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LE FESTIN NU, livre de William Burroughs

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2.  Un puzzle mental

Cet univers de cauchemar est rendu par un collage de situations, de phrases, de personnages empruntés à la littérature et qui se confondent par contamination. Émule de Kafka et adepte de Wilhelm Reich, Burroughs emprunte à Antonin Artaud sa vision du corps dépecé et possédé par des forces qu’il ne maîtrise pas. L'humour, l'une des grandes forces du roman, ridiculise ce que la culture américaine a de frelaté, de primitif et de pernicieux. Quant à la charge politique du livre, elle trouve son efficacité maximale dans l'art d'un véritable poète qui crée, avec l'argot des différents parlers actuels, des associations instinctives et presque surréalistes. Burroughs mine le langage, brise les associations de la langue de bois.

Tout à la fois reportage d'ethnographe, album de choses vues, montage de bandes sonores et de rushes, la prose kaléidoscopique du Festin nu vise à déconstruire l'ordre symbolique établi, à tel point que le récit en devient parfois un carnaval burlesque de l'Amérique profonde : « Une ménagère américaine (ouvrant un paquet de Lux) : Pourquoi ils ont pas inventé un œil électronique que le paquet s’ouvrirait tout seul en me voyant et sauterait dans les mains du Robot À-Tout-Faire qu’il l’aurait déjà vidé dans l’e au ?... Mon À-Tout-Faire déraille complètement depuis jeudi dernier, parce qu’il m’a fait du gringue et que j’ai pas voulu lui tripoter les manettes... et le Vide-Ordures qui me répond avec insolence, et ce vieux dégoûtant de Mixer qui essaye de se faufiler sous mes jupons... moi qui ai un rhume terrible et les intestins tout constipés... si j’acceptais de lui caresser les manettes peut-être bien que mon À-Tout-Faire me donnerait un lavement... »

Élaborant un répertoire d'images de proportions mythologiques, l’> écriture hallucinogène du Festin nu élargit la conscience en remodelant constamment l'espace du langage. Cette plasticité infinie, seule à même de répondre au « besoin de contrôle » instillé en l’homme, Burroughs tentera de l’accroître par la suite en élaborant avec Brian Gysin sa technique du « cut-up ».

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« LE FESTIN NU, William Burroughs » est également traité dans :

BURROUGHS WILLIAM (1914-1997)

Écrit par :  Gérard-Georges LEMAIRE

Dans le chapitre "De « Junkie » au « Festin nu »"  : …  [...], j'ai compris brusquement que je ne faisais rien. J'étais en train de mourir. » *Parvenu « au terminus de la came », il écrit un grand nombre de pages qui sont ensuite rassemblées sous le titre d'Interzone. Kerouac et Ginsberg qui l'ont rejoint l'aident à mettre de l'ordre dans le manuscrit. Kerouac lui donne même son… Lire la suite

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Média de cet article dans l'Encyclopædia Universalis :

Le Festin nu, de D. Cronenberg, 1991

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