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LE DEVISEMENT DU MONDE, Marco Polo

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2.  Une ouverture sur le réel

Des franciscains, Jean du Plan Carpin (1246) et Guillaume de Rubrouck (1254), étaient allés jusqu'en Mongolie. Leurs relations de voyage, quoique d'une grande lucidité, ne montrent ni enthousiasme ni sympathie pour ce qu'ils ont vu. Marco Polo a au contraire été conquis. Rien chez lui ne trahit le moindre sentiment de supériorité. Il donne à admirer et souvent à envier des « merveilles ».

Les Occidentaux ne connaissaient de l'Asie que le Proche-Orient où les attiraient pèlerinages et croisades, et aussi, par des livres où triomphait la fiction, l'Inde. Marco Polo est le premier à décrire la Chine. Il évoque même un Japon (Cipango) « aux toits d’ or ».

L'expérience l'amène à démentir un savoir livresque : ce qu'on prenait pour de la peau de salamandre n'est que de la toile d'amiante ; la licorne a la hideur du rhinocéros... Les merveilles ne sont plus là où on les plaçait. Elles sont dans des rites matrimoniaux et funéraires ou dans une médecine et une magie efficaces que le Vénitien décrit sans se scandaliser. Elles tiennent aussi à la quantité des choses et des hommes, à la richesse des villes, à une administration parfaite, qui a inventé le papier-monnaie, tracé un réseau de routes sûres, créé des relais de postes. Les merveilles sont des réalités dont la profusion est encore plus extraordinaire que l'étrangeté.

Chacun, au Moyen Âge, a trouvé chez Marco Polo de quoi satisfaire sa curiosité. Beaucoup l'ont lu comme l'auteur d'un « livre des merveilles » qu'ils ont fait copier et illustrer de miniatures plus fidèles aux représentations traditionnelles qu'aux indications de Marco. Mais d'autres ont recueilli le savoir positif et pratique qu'apportait Le Devisement : marchands se promettant un commerce fructueux ; historiens, savants médecins et astronomes ; cartographes qui remodèlent la carte d'une Asie moins mystérieuse, moins nimbée de sacré, que digne d'être exploitée ; aventuriers que la richesse du réel fait rêver. Christophe Colomb, qui n'est pas le dernier de ces conquérants en quête « du fabuleux métal que Cipango mûrit dans ses mines lointaines » (Heredia), emporte un exemplaire du Devisement et il l'annote.

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POLO MARCO (1254 ou 1255-1324)

Écrit par :  Delphine BAUDRY-WEULERSSE

Dans le chapitre "Un fonctionnaire de l'empereur mongol en Chine"  : …  raconter ses souvenirs de voyage à son compagnon de prison, Rusticien de Pise, romancier à la mode. *Rédigé en français, c'est Le Livre de Marco Polo. La variété des pays décrits, la puissante organisation de la Chine, les trésors de l'Inde ont tant surpris l'Europe médiévale qu'on a longtemps cru que le Vénitien fabulait. Mais, depuis que… Lire la suite

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Sur les traces de Marco Polo

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