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LE DERNIER TANGO À PARIS, film de Bernardo Bertolucci

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Du strict point de vue de la fréquentation des salles obscures, la grande affaire française du troisième quart du xxe siècle semble être la représentation de la sexualité. Pour les films en exclusivité sur Paris, entre 1950 et 1975, Emmanuelle (1 984 350 entrées) et Le Dernier Tango à Paris (1 505 067 entrées) constituent ainsi le duo de tête. Aujourd'hui encore, bien que la version « intégrale » du film soit sortie en 1987 sans plus guère provoquer de remous, on n'évoque jamais le Dernier Tango (Ultimo tango a Parigi) sans l'odeur de soufre qui l'accompagna lors de sa sortie... Mais puisqu'un certain cinéma d'auteur s'est désormais approprié les techniques d'expression du porno et que, par conséquent, la barre du vérisme a atteint des hauteurs qui rendent dérisoires les audaces du Dernier Tango, d'autres aspects de ce film se font jour, autrefois cachés par le scandale...

1.  Quelques jours à Passy

À Passy, au no 1 de la rue Jules-Verne, un appartement est à louer, dont les fenêtres donnent sur le viaduc du métro. Un homme et une femme arrivent pour le visiter à quelques secondes d'intervalle et, après avoir échangé quelques banalités, sans rien savoir l'un de l'autre, ils se mettent brusquement à faire l'amour. La scène se répète dans les jours qui suivent... Quand ils ne sont pas dans le grand appartement vide qui n'abrite que leurs ébats, l'homme et la femme vaquent à leurs occupations. Il s'appelle Paul et sa femme Rosa vient de se suicider ; elle s'appelle Jeanne et son fiancé Tom tourne un film sur elle. Il est américain, elle est fille de colonel, il a quarante-cinq ans, elle vingt. Autant de détails biographiques qui s'évanouissent rue Jules-Verne : « Tout ce qui est en dehors d'ici c'est de la merde », a prévenu Paul... Peu à peu, cependant, les mystères cèdent sous le poids du réel, les échanges deviennent un peu sordides, et Jeanne tue Paul, à la fois par accident et par dépit d'avoir appris les petits détails de sa vraie vie.

2.  « C'est comme jouer aux grandes personnes quand on est gosse ! » (Jeanne)

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