Appartenant à cette longue suite d'éminences grises auxquelles les littérateurs, plus que les historiens, ont attribué un rôle décisif dans l'histoire comme conseillers occultes des rois, Olivier le Dain, de son nom flamand Necker, qui signifie ondin (génie) et dont le roi fit le Dain et ses ennemis le Diable, n'a occupé sur le plan social qu'un rôle modeste parmi les « compères » de Louis XI (Tristan l'Hermite, La Balue) : il n'est que valet de chambre et premier barbier, mais la charge lui vaut un titre de comte de Meulan en 1474. Trois ans plus tard il remplit une mission auprès de la duchesse de Bourgogne, échoue à Gand mais livre Tournai aux Français, ce qui lui permet d'obtenir, d'après Commynes, de nouvelles faveurs. À la mort de Louis XI, il est condamné pour des crimes probablement imaginaires et pendu.
C'est aux romantiques qu'il doit sa célébrité ; n'est-il pas l'un des principaux personnages de Quentin Durward de Walter Scott, de Notre-Dame de Paris de Victor Hugo et du Louis XI de Casimir Delavigne, plus tard enfin du Gringoire de Banville. Il faudrait aussi citer le roman historique Le Diable (trad. E. Bestaux, Der Teufel, 1926), d'Alfred Neumann qui fait d'Olivier le Dain le grand artisan de la politique de Louis XI.
Jean TULARD
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