Avec Le Conseil d'Égypte, publié en 1963, l'écrivain sicilien Leonardo Sciascia (1921-1989) vient confirmer la singularité de sa poétique. Comme son premier livre Les Paroisses de Regalpetra (1956), que suit 1848 – une longue nouvelle ouvrant le volume des Oncles de Sicile (1960) –, ce récit se penche sur l'histoire tourmentée de son île natale. Située à Palerme à la fin du xviiie siècle, la chronique historique fait une large place à une satire politique et sociale atemporelle et souvent hardie, qui dénonce les privilèges abusifs des possédants et de l'Église, et la corruption du système juridique.
Composé de trente chapitres structurés en trois parties, le roman met en parallèle, en 1782, les étonnantes destinées de deux hommes : un prêtre, auteur d'une spectaculaire mystification, et un avocat, à l'origine d'une conjuration contre la monarchie, tombent ensemble en disgrâce, après être presque parvenus à renverser le pouvoir en place et à changer le cours de l'histoire. Grâce à sa maîtrise de quelques rudiments d'arabe, le chapelain maltais d […]
