2. Un art de la digression
Si le récit du chat est fragmenté, mais complet, l'histoire de Kreisler, également discontinue, est de surcroît lacunaire. Des pans entiers du récit second manquent : la cohérence de l'ensemble doit donc être reconstituée par le lecteur. Une tâche d'autant plus ardue que la narration est saturée d'amours interdites et d'assassinats, d'obscures machinations et d'énigmes impénétrables. La partie kreislérienne du Chat Murr, extrêmement dynamique au demeurant, d'une structure narrative fascinante, est ainsi faite de digressions, de changements de lieux et de perspectives, de retours en arrière et de récits emboîtés. On ne saurait raconter autrement l'histoire d'un personnage aussi curieux que le Kapellmeister.
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