3. Sources
Bien que l'auteur ait su créer l'illusion que sa peinture reflète la vie même, et que Fonger de Haan ait prétendu retrouver le « modèle vivant » de Lazare en un crieur public de Tolède nommé Lope de Rueda (identifiable avec l'auteur comique), le progrès dans l'appréciation littéraire du Lazarillo de Tormes est allé de pair avec la découverte des sources qu'il exploite.
C'est la littérature, écrite ou orale, des contes populaires qui offre des parallèles révélateurs : pour le faux miracle du bulliste (chap. v et Masuccio, Novellino, décade 4), pour les larcins de nourriture et de vin commis par Lazare envers l'aveugle (chap. i et dessins en marge d'un manuscrit du xive siècle retrouvés par Foulché-Delbosc : farces et intermèdes du garçon et de l'aveugle), pour la confusion de Lazare entre le logis de son maître l'écuyer et la triste maison sans meubles et sans nourriture (la tombe) évoquée par les cris d'une veuve qui y conduit le corps de son époux (chap. iii et conte attesté dans la tradition arabe dès le xe siècle). Sans que Lazare lui-même soit un personnage folklorique bien attesté avant son génial biographe, celui-ci a pu le trouver déjà populaire comme valet d'aveugle. Quant à l'écuyer maître du triste logis, ses comportements et propos typiques dessinent une variété historiquement connue de pauvres hidalgos ; non l'ensemble des hommes d'épée, mais une variété déjà typifiée et moquée dans les historiettes et les comédies (Gil Vicente, 1470-1536).
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