2. Un texte fondateur
La richesse, le raffinement et l'originalité des images et des métaphores font la réputation de l'œuvre comme sa difficulté. Une parfaite maîtrise de la technique poétique y est mise au service d'un constant souci esthétique. Saisons, nature et sentiments sont étroitement associés. Mais le récit, où Nizāmī livre une partie de son savoir et de sa culture, est aussi occasion à réflexions sur l'amour humain et mystique ou sur le renoncement au monde. Il eut une immense influence en Iran comme au Caucase, en Asie centrale et en Inde, et connut de nombreux imitateurs : il s'agit en fait d'auteurs qui s'inspirèrent de l'original mais le modifièrent selon le goût et les préoccupations de leur temps. Ce furent Amīr Khosrow Dehlavī en 1298, Djāmī en 1480, Maktabī de Chīrāz en 1489 et Hātefī (mort en 1521). Mīr ‘Alī Shīr Navā’ī en composa, vers 1484, une version en turc tchaghataï (oriental) et Fuzūlī (mort en 1556) en fit une œuvre marquante de la littérature turque. De tous temps, aussi, le récit de Nizāmī inspira miniaturistes et musiciens.
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