Poète et publiciste, fils d'une famille bourgeoise du Béarn, Laurent Tailhade poursuit des études de droit à Toulouse. Il se lie aux milieux anarchistes et manifeste un tel anticonformisme que sa famille s'empresse de le marier, espérant ainsi le faire rentrer dans le rang. Il s'installe à Toulouse et participe néanmoins aux mouvements littéraires parisiens. Admirateur de Banville et du Parnasse, il est également séduit par les décadents. Mais c'est seulement à la mort de sa femme qu'il vient à Paris et rompt avec son passé. Il se lie à Barrès, Samain et surtout Verlaine et Moréas ; il participe à la revue La Nouvelle Rive gauche, qui prendra le nom de Lutèce en 1883 : s'y regroupent, à la lisière du symbolisme, les révolutionnaires et les décadents venus du Parnasse. Laurent Tailhade entreprend une nouvelle carrière et, en 1891, il publie un recueil de poèmes, Vitraux, où se retrouvent des pièces d'époques et d'inspirations diverses : veines liturgique, mystique et profane s'y mêlent comme dans son existence ; ce sont des vers encore sobres et émouvants. Mais, en cette même année, Au pays du mufle exprime avec beaucoup de bruit sa colère et s […]
