La découverte de Lascaux fit soudainement entrer l'art dans la préhistoire de l'humanité ; c'était en 1940, alors que les recherches préhistoriques nées en France et particulièrement développées dans le Périgord n'étaient pas encore centenaires. La fermeture définitive de la grotte au public survint en 1963 ; des milliers et des milliers de visiteurs avaient innocemment compromis la sauvegarde de la grotte, ruiné l'idée, erronée, que le patrimoine préhistorique souterrain devait être accessible sans contrainte ni restriction. Cependant, Lascaux n'échappait pas à la connaissance : les minutieux travaux de relevés de l'abbé A. Glory, les recherches dirigées ensuite par André Leroi-Gourhan, les études appliquées à la conservation, le corpus cinématographique splendide réalisé par Mario Ruspoli, enfin la reproduction remarquablement fidèle de la Rotonde et du Diverticule axial (Lascaux II) réalisée par une équipe de peintres et de sculpteurs, M. Peytral en particulier, ouvert en 1983, offrent à chacun la vision et la compréhension de ce qui fut un haut lieu de la spiritualité et de la beauté, voici dix-sept millénaires.
1. Découverte
La découverte de Lascaux, le 12 septembre 1940, fut tout à fait fortuite comme celle de la plupart des quelque deux cents grottes ornées par les Paléolithiques en France et en Espagne entre 22 000 ans et 10 000 ans avant J.-C., depuis Altamira en 1878 jusqu'à nos jours (une bonne quarantaine depuis 1940) ; des récits légendaires ont rapidement embelli la trouvaille des jeunes Montignacois, notamment M. Ravidat et J. Marsal (aussitôt confirmée par leur instituteur L. Laval et scientifiquement authentifiée par l'abbé H. Breuil quelques jours après). Les rapports préliminaires de ce dernier ont conduit à un classement rapide de la grotte comme monument historique (27 déc. 1940).
En 1948, la grotte est ouverte au public et fut à plusieurs reprises aménagée pour faciliter les visites. En 1958, une machinerie est installée pour renouveler l'air vicié par la multitude d'estivants […]
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