4. Les paralysies laryngées
Les paralysies laryngées sont soit périphériques, c'est-à-dire liées à une lésion du nerf pneumogastrique (dixième paire crânienne) ou de ses branches laryngées supérieures et inférieures (= nerfs récurrents), soit d'origine centrale. Elles entraînent la paralysie de l'une ou des deux cordes vocales, selon que ces lésions sont uni- ou bilatérales. De plus, elles peuvent s'associer à des paralysies des nerfs voisins.
La paralysie unilatérale la plus fréquente est la paralysie récurrentielle, donc périphérique ; le côté gauche est le plus atteint, car le trajet du récurrent gauche est plus long que le droit.
La paralysie récurrentielle est due soit à un traumatisme, soit à une compression, soit à une infection (virus), soit à une intoxication. Le traumatisme est rarement accidentel ; il est le plus souvent opératoire, consécutif à une thyroïdectomie. Les compressions, rarement vasculaires (anévrismes de l'aorte), sont souvent dues à un cancer (thyroïde, œsophage, ou adénopathie cancéreuse). L'examen laryngoscopique est caractéristique, il montre l'immobilité de la corde vocale paralysée.
La paralysie bilatérale peut être récurrentielle bilatérale, mais la plus fréquente est la paralysie incomplète, dite des dilatateurs. Dans ce cas, la phonation est possible ; le symptôme majeur est, en revanche, la dyspnée, qui rend quelquefois nécessaire la trachéotomie. La cause peut être centrale, bulbo-protubérantielle ; mais aussi périphérique par atteinte bilatérale du nerf récurrent lors du cancer de l'œsophage cervical ou du corps thyroïde.
Les paralysies laryngées doivent être distinguées des immobilités mécaniques secondaires à des traumatismes, le plus souvent, internes (intubation prolongée), responsables du blocage laryngé et d'une sténose parfois sévère. Leur traitement, long et difficile, est fondé sur la mise en place d'un tube dilatateur pendant des mois, précédé éventuellement de l'exérèse des lésions fibreuses.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages…



