3. Morphologie historique
Ce qui précède montre bien les rapports entre phonologie et morphologie. Pour Pulleyblank, la nature morphologique des affixes reconstruits s-, -l-, -s, est évidente, mais la valeur exacte du préfixe s- et de l'infixe -l- reste problématique. Quant au suffixe -s, si l'on suit l'hypothèse d'Haudricourt, assez largement admise actuellement, il faut noter que le ton descendant du mandarin actuel n'indique pas seulement une opération de nominalisation, comme l'exemple donné plus haut pourrait le laisser croire ; il aurait aussi valeur de causatif, comme on peut le constater en considérant les paires suivantes (chaque morphème chinois est suivi de son ton : le 4e ton du mandarin actuel, ton descendant, représente -s) :

La valeur de causatif est moins évidente dans la paire :

De même qu'en tibétain classique, il pouvait exister, en chinois archaïque, des alternances vocaliques, comme dans les paires :

Karlgren voit aussi une alternance vocalique dans l'opposition entre deux caractères différents pour « je » et « me, moi », respectivement ngo/ngâ (mais Tung reconstruit ngâg/ngâ).
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