2. Quelques exemples de restructuration
Les changements de structure affectent toutes les catégories de la grammaire. La phonologie est particulièrement intéressante au point de vue des alternatives possibles du sens de l'évolution. En morphologie et en morphosyntaxe, il se produit une véritable réfection de systèmes. Il y a regrammaticalisation totale du système nominal (disparition de la déclinaison à cinq cas ; entrée en scène de constructions prépositionnelles et de l'article) aussi bien que du système verbal (perte du médio-passif ; réorganisation des temps grammaticaux, etc.). Au point de vue typologique, l'évolution part d'une langue OV qui construit à gauche (pater filium amat) pour aboutir, avec toutes les implications y relatives, à des constructions VO, c'est-à-dire à droite (pater amat filium).
• Phonologie
Un trait fondamental qui distingue le roman du latin est la substitution de la qualité phonologique à la quantité. Dans le cadre du vocalisme, cela revient à dire qu'indépendamment de sa place dans la syllabe une voyelle était, en latin, longue ou brève. Le latin possédait un système à trois degrés, organisé de la façon suivante :

La distinction, par exemple, entre věnit (il vient) et vēnit (il vint) étant d'ordre quantitatif, la prononciation plus ou moins ouverte ou fermée de la voyelle ne joue aucun rôle. En roman, par contre, cette distinction est remplacée par une distinction qualitative (et accentuelle), de sorte qu'on peut établir en théorie la proportion suivante :

Il en résulte, entre autres, le système à quatre degrés, dit panroman, qui est commun à la plupart des langues romanes (à l'exception du roumain, des parlers de l'Italie méridionale et du sarde) :

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