3. Analogies
En dépit des influences subies, les langues finno-ougriennes, dont les différents groupes sont aujourd'hui étrangers les uns aux autres (pour un Finnois, l'intercompréhension s'établit facilement avec un Estonien, mais le hongrois est une langue étrangère comme les autres), sont reliées entre elles par des caractéristiques qui dénoncent leur origine commune. La morphologie est fondée sur le principe dit traditionnellement « agglutination » (juxtaposition de suffixes ou élargissements divers aux bases radicales), qui fournit des cas pour les noms et des formes conjuguées pour les verbes (la distinction des parties du discours apparaissant d'ailleurs comme relativement récente et imparfaite) ; on relève à peu près partout les traces d'un système d'« harmonisation vocalique », très développé dans des langues comme le hongrois et le finnois, et qui assure l'unité relative du timbre dans le cadre du mot suffixé, la tonalité vocalique du radical (sombre ou claire) commandant celle des élargissements qui s'y ajoutent ; il existe un verbe négatif (de négation ou d'interdiction) qui peut servir à bâtir les formes négatives du verbe, tenant la place d'une particule de négation ; il n'y a pas de distinctions de genre ; le phonétisme est peu varié et une allure monotone du débit assure un certain air de famille à deux langues aussi différentes que le finnois et le hongrois. Il faut ajouter que, derrière les divergences des états de langue observables dans les différents domaines finno-ougriens, l'analyse du linguiste rétablit souvent assez aisément des lignes de développement vraisemblables partant d'un état antérieur commun, et que la grammaire comparée du finno-ougrien, malgré les problèmes nombreux qui subsistent, a pu faire un travail considérable de reconstruction.
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