2. Préhistoire du chamito-sémitique
La documentation remontant au IVe millénaire, le chamito-sémitique est la famille la plus anciennement attestée que nous connaissions. Il est remarquable qu'elle le soit à travers un domaine géographique pratiquement inchangé dans le cours de l'histoire : nord de l'Afrique avec l'Égypte, corne orientale, Proche-Orient avec la presqu'île arabique. Aussi haut qu'on remonte dans le temps, les langues chamito-sémitiques sont les langues de la bordure méridionale et orientale de la Méditerranée.
Mais, dans ce vaste ensemble, on n'est pas en mesure de localiser avec précision le foyer primitif de l'expansion sémitique. L'hypothèse la plus courante propose, de manière très approximative, la région formée par le nord-ouest de l'Afrique et l'Arabie. Il n'est pas non plus facile de situer dans le temps l'état unitaire à partir duquel se sont différenciés les idiomes que nous connaissons. Dès le IIIe millénaire, les branches attestées, le sémitique et l'égyptien, sont fortement dissemblables. Or, tout permet de penser que l'évolution des langues chamito-sémitiques est relativement lente. Ainsi entre l'akkadien ancien et les langues sémitiques parlées aujourd'hui, les ressemblances sont assez importantes pour que leur parenté apparaisse immédiatement. La séparation du sémitique et de l'égyptien, pour avoir abouti dès le IIIe millénaire à des différences aussi considérables, doit donc avoir été déjà fort ancienne, remontant au moins à un millénaire, peut-être davantage. En tout cas, il ne semble pas vraisemblable que le stade commun ait pu persister au-delà du Ve millénaire.
Les grandes différences n'ont cependant pas éliminé un certain nombre de traits communs, profondément caractéristiques, qui permettent de définir une structure d'ensemble.
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