6. Une région de villes
Le Languedoc-Roussillon est maillé par un réseau de villes trouvant leur fondement dans la pax romana, dans les activités marchandes et manufacturières de l'âge classique, rarement dans l'essor de la mine ou de l'industrie. La ville contemporaine est en fait liée à la rente viticole, dont l'appropriation légitime la richesse des bourgeoisies citadines, confirme les capitales, explique les concurrences entre les cités (Montpellier-Nîmes, Béziers-Narbonne). La crise viticole tarit la rente et modifie le rapport de la ville à la campagne, alors que la société languedocienne s'urbanise selon le mode de la diffusion périphérique et de la métropolisation. Dans un Languedoc-Roussillon aux structures territoriales de plus en plus déséquilibrées, Montpellier s'affirme face aux aires métropolitaines de Lyon, Marseille, Toulouse et Barcelone.
Depuis 1960, les apports démographiques extérieurs – rapatriés d'Afrique du Nord, migrants en provenance des régions et métropoles françaises – sont constants. Ils expliquent la croissance généralisée des aires urbaines et les contrastes de répartition. Les terres du vide ont progressé : si 50 p. 100 de la population vit sur 5,5 p. 100 du territoire le plus urbanisé, 5 p. 100 occupe 52 p. 100 de l'espace régional. La nouvelle société urbaine du Languedoc-Roussillon vit largement à la périphérie des villes et à moins de 30 kilomètres de la Méditerranée. Elle se concentre dans l'espace urbanisé qui court de Sète à la vallée du Rhône (3 000 km2), rejoignant l'aire d'influence de la métropole marseillaise. Montpellier et Nîmes assurent la dynamique de cet espace qui compte près d'un million d'habitants. Ce modèle spatial dominant témoigne des transformations récentes des territoires par l'urbanisation. Il s'oppose à celui de la ville au cœur de ses campagnes, représenté par les villes moyennes du Languedoc occidental et par Perpignan en Roussillon.
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