2. Une région au soleil
La distribution du relief explique en grande partie les caractères du climat méditerranéen, que la montagne contraste et accentue. Les pluies cévenoles amènent plus de 2 mètres d'eau par an sur les versants de l'Aigoual ; à quelques dizaines de kilomètres, la Camargue en reçoit moins de 500 millimètres. L'hiver, les températures varient de plusieurs degrés entre le littoral et les premiers sommets : les cerisiers sont en fleur au pied des neiges du Canigou. Peut-on pour autant parler d'un climat languedocien avec son appendice roussillonnais alors que les caractéristiques régionales sont provençales à l'est et toulousaines, avec le vent d'autan, à l'ouest ? Le soleil – c'est une des régions de France les plus ensoleillées avec plus de 2 500 heures d'insolation annuelle moyenne – et le vent, du nord (mistral), du nord-ouest (cers et tramontane), du midi (grec, marin, narbonnais) unifient et donnent sens aux nuances régionales. Le déroulement des saisons raccourcit la transition printanière, rend les automnes agréables sitôt les tourments de l'équinoxe apaisés. Les hivers sont doux et les étés torrides, mais le plus déterminant tient aux excès et aux irrégularités notamment des précipitations.
La végétation s'adapte aux particularités du milieu. L'arbre, devenu rare sous les agressions de l'incendie et des coupes, fait l'objet de reconquêtes depuis le reboisement de l'Aigoual à la fin du xixe siècle. Le chêne vert est dominant sur calcaire, accompagné du pin, d'ornement lorsqu'il est parasol, du chêne kermès après l'incendie, des graminées et d'un cortège de plantes odorantes et épineuses. Le châtaignier lui succède sur les premières pentes, plus haut le hêtre (fayard) et les conifères prennent le relais. Mais la garrigue reste la formation dominante, d'origine anthropique dans sa constitution actuelle.
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