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LANGUE & PAROLE, linguistique

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2.  Une « linguistique de la langue »

En distinguant la langue de la parole, Saussure établit donc la légitimité d'une « linguistique de la langue », par différence avec des « linguistiques de la parole », qu'il considère comme des domaines radicalement distincts du premier. Pour lui, en effet, l'étude des phénomènes linguistiques « externes » (comme par exemple les relations qu'entretient la langue avec la civilisation, l'histoire politique, les institutions, la géographie, la littérature, etc.) ne touche pas aux éléments internes, car « la langue est un système qui ne connaît que son ordre propre ». Afin d'illustrer ce point, Saussure introduit une comparaison avec le jeu d'échecs : que ce jeu soit passé de Perse en Europe est d'ordre externe ; en revanche, diminuer ou augmenter le nombre de pièces est d'ordre interne, c'est-à-dire de nature à modifier le système même.

Selon Saussure, la langue participe de l'ensemble des systèmes de signes (écriture, rites symboliques, formes de politesse, etc.), dont l'étude relève d'une « sémiologie », c'est-à-dire d'une science générale de la vie des signes au sein de la vie sociale. La tâche du linguiste consistera donc à définir la spécificité de la langue parmi les différents types de faits sémiologiques. Totalement indépendante du développement contemporain de la théorie sémiotique de C. S. Peince (1839-1914), cette inscription de la linguistique dans le cadre de la sémiologie contribuera par la suite à faire émerger, au sein du courant structuraliste, une sémiologie d'inspiration linguistique ainsi qu'une réflexion générale sur la place de la langue au sein des autres systèmes de signes (voir, entre autres, les travaux de N. S. Troubetzkoy, Roman Jakobson et L. T. Hjelmslev).

Pour appréhender la langue, et la distinguer des faits de parole, Saussure propose la série de caractéristiques suivantes :

– la langue relève de l'ordre du social, alors que la parole constitue un acte individuel : la langue est extérieure à l'individu, qui ne peu […]

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