2. L'art écologique
Avec le cycle du Lagon, commencé en 1974, les Harrison, actifs dès la fin des années 1960, ont développé un discours écologique à partir de la production de cartes, de photographies de dessins et de textes, créant ainsi une œuvre de très grande dimension (130 m de longueur environ sur près de 2,50 m de hauteur). Cette « fresque » gigantesque, qui a été montrée en 1996 à Paris lors de l'exposition Villette-Amazone, doit être perçue, selon eux, comme une « narration environnementale ».
En 1962, une biologiste, Rachel Carlson, publie Silent Spring, un ouvrage qui dénonce l'usage de pesticides et ses retombées catastrophiques sur le milieu naturel. Le livre marque les esprits mais l'heure n'est pas encore à la mobilisation dans ce domaine, et son impact hors des milieux intellectuels et artistiques reste limité. Aux États-Unis, on peut faire remonter la pensée environnementaliste à Henry David Thoreau (1817-1862) et au transcendantalisme. John Muir (1838-1914), le fondateur en 1892 de la première association écologiste américaine, le Sierra Club, et Aldo Léopold (1887-1948), l'auteur de l'Almanach d'un comté des sables (1949), en sont les inspirateurs les plus connus. Mais l'harmonie qu'ils prônent avec la nature n'a pas encore pris la dimension d'un projet social. Alan Sonfist (né en 1946), très tôt préoccupé d'écologie, tentera ainsi de reconstituer au sud de Manhattan, sur une surface d'une centaine de mètres carrés, le biotope du site avant l'arrivée des colons en se faisant aider de divers chercheurs qui lui ont ainsi permis, en 1965, de réaliser cette reconstitution à laquelle il donnera le nom de Time Landscape. C'est dans ces années-là, en effet, que naît l'idée d'un art écologique, dont l'exposition Ecological Art (mai-juin 1968) à la John Gibson Gallery de New York annonce les prémices. Il faudra néanmoins attendre les années 1970-1980 pour que les pratiques artistiques se soucient véritablement d'écologie.
En 1982, lors de la Documenta 7, Joseph Beuys (1921-1986 […]
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