Troisième recueil du poète Eugenio Montale (1896-1981), La Tourmente (dont le titre complet est La Tourmente et autres textes) est paru en 1956, soit dix-sept ans après Les Occasions, précédent ouvrage poétique de l'auteur. Le recueil ne connut sa forme définitive qu'en 1957. Les poèmes qui le composent furent écrits de 1939 à 1954. Sa première partie, Finisterre, qui porte l'empreinte de la guerre, parut à Lugano en 1943 grâce au critique Gianfranco Contini. Regroupant des poèmes écrits alors que Montale habitait encore Florence et d'autres qui correspondent aux premières années de sa vie milanaise, La Tourmente est un livre majeur au cœur d'une œuvre marquée par les lieux successifs d'une existence : la Ligurie, Florence et Milan.
« Les princes n'ont point d'yeux pour voir ces grand's merveilles,/ Leurs mains ne servent plus qu'à nous persécuter... » Épigraphe du poème qui donne son titre au recueil – en italien, La Bufera, comme en écho à la bufera infernal du cinquième chant de l'Enfer de Dante – cette citation d'Agrippa d'Aubigné (1552- […]
