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LA TANTE JULIA ET LE SCRIBOUILLARD, Mario Vargas Llosa

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2.  Un double point de vue

Cette descente aux Enfers est d'autant mieux exposée que, au gré d'une construction narrative originale, elle va être appréhendée d'un double point de vue. Un point de vue indirect, d'abord : celui du narrateur. Varguitas est en effet le témoin et le chroniqueur de l'univers où s'exacerbe la paranoïa de Pedro Camacho : « J'avais un travail au titre pompeux, au salaire modeste, aux attributions illicites et à l'horaire élastique : directeur d'informations à Radio-Panamérica. Il consistait à découper les nouvelles intéressantes qui paraissaient dans les journaux et à les maquiller un peu de façon à les lire lors des bulletins radiodiffusés. » Ce témoignage, cette chronique permettent à Vargas Llosa de faire passer, au fond, des thèmes de réflexion extrêmement percutants. Une réflexion sur ce phénomène péruvien qu'est la passion, exprimée par toutes les couches de la société, pour le feuilleton radiophonique. Mais cette réflexion sociologique débouche vite sur une question théorique : l'emprise d'un auteur sur ses lecteurs, des médias sur leur public, le fanatisme de ceux-ci, les limites de ceux-là. Que l'on se rappelle les lettres de plainte obligeant Conan Doyle à ressusciter Sherlock Holmes ou le tollé que suscita en Allemagne la projection d'une histoire policière délibérément dépourvue de dénouement, et l'on aura compris ce que peut être une frustration collective. Le succès de Pedro Camacho, son retrait soudain pour cause de défaillance mentale relèvent du même processus.

Il n'est que de le vérifier dans les textes qui nous sont soumis. C'est là le second point de vue, direct. Pour une fois, le lecteur a un droit de contrôle sur ce qui lui est narré, puisque des preuves textuelles authentiques lui permettent de corroborer les dires du narrateur. Aussi les seules livraisons de Camacho, particulièrement choisies, permettent-elles d'affirmer son délabrement psychique et de confirmer les notations de Varguitas. Partie de scénarios, voire d'imbrog […]

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VARGAS LLOSA MARIO (1936- )

Écrit par :  Bernard SESÉ

Dans le chapitre "Cycle de l'ironie"  : …   et les visiteuses, sur le mode burlesque, participe de cette démystification impitoyable. *La Tía Julia y el escribidor (1977, « La Tante Julie et le scribouillard ») est à la fois le récit d'une éducation sentimentale et une évocation de Lima dans les années 1950. Ici le romancier – sous le nom de Marito ou de Varguitas – se met… Lire la suite

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