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LA RÉGENTE, livre de Clarín

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2.  Une satire féroce du conformisme

Don Fermín De Pas, dans l'ambition démesurée qui le possède, semble vouloir, à son insu, venger la rancœur tenace qui rongeait autrefois sa mère, modeste tenancière d'auberge. La chasteté, que lui impose son état, n'a fait que refouler et exacerber sa sensualité qui va se déchaîner de façon terrifiante : « Oui, il était comme un eunuque amoureux, un objet de risée, une chose répugnante tant elle était ridicule... Sa femme, la Régente, qui était sa femme, sa femme légitime, non devant Dieu ni devant les hommes, mais devant eux deux, à ses yeux surtout, face à son amour, à sa volonté de fer, à toutes les tendresses de son cœur, la Régente, sa sœur spirituelle, sa femme, son épouse, son humble épouse... l'avait trompé. »

Don Víctor Quintana, l'époux offensé, est à la fois pathétique et dérisoire dans son attachement aux valeurs d'autrefois, illustrées à ses yeux par le théâtre de Calderón, et dans lesquelles il s'est à jamais figé. Quant à Don Álvaro Mesía, petit notable du lieu, s'il a déjà pris des rides, il ne comprend pas, dans sa vanité fate et naïve, qu'une dame puisse refuser ses avances. Tel est le trio masculin de La Régente.

La ville, qui fait l'objet de longues et minutieuses descriptions, est à la fois le lieu et un protagoniste de l'action par le rôle essentiel qu'elle joue dans le déroulement des événements. Vetusta, au nom symbolique, désigne Oviedo, capitale provinciale, que Clarín connaissait admirablement. Il en dépeint les quartiers, les hôtels bourgeois ou les maisons populaires, le théâtre, le casino, avec une extrême précision. La cathédrale se dresse au milieu du décor comme la citadelle de l'empire clérical. Les modes de vie et les mentalités de la bourgeoisie, ou de l'aristocratie bien pensante, spontanément hostile à toute remise en cause de l'ordre établi, sont analysées avec une lucidité impitoyable. Le monde du clergé, les valeurs sclérosées qu'il propage en toute bonne foi, le pouvoir qu'il exerce sur les esprits, tout cela e […]

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« LA RÉGENTE, Clarín » est également traité dans :

CLARÍN ou LEOPOLDO GARCÍA ALAS Y UREÑA (1852-1901)

Écrit par :  Eutimio MARTÍNRené PELLEN

Dans le chapitre "Anticlérical par orthodoxie"  : …  *Si Clarín est surtout l'auteur d'une œuvre critique abondante, c'est un roman, La Regenta (La Régente, 1885), le seul « classique » que lui doive la littérature espagnole, qui lui a valu de passer pendant une longue période pour un anticlérical forcené. De fait, dans cette étude puissante et minutieuse de la société provinciale qu… Lire la suite

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