Devait-elle avouer ? C'est une question qui est sur bien des lèvres depuis que la gazette de Donneau de Visé, Le Mercure galant, l'a posée pour faire une sorte de promotion du roman qui frappe alors les esprits, La Princesse de Clèves, publié en 1678 sans nom d'auteur. On écrivit alors beaucoup pour donner son jugement et l'on s'arracha à la fois la gazette et l'ouvrage. Dans le même temps, il y eut à ce propos, une querelle littéraire où s'échangèrent des visions radicalement différentes sur l'esthétique du roman. Enfin, le doute plana longtemps sur l'identité véritable de l'auteur, Mme de La Fayette (1634-1693) : tout concourait donc au succès.
Le roman est situé en France, dans les années 1550, à la cour d'Henri II, juste avant les guerres de religion, avant l'effondrement d'un monde et du lignage des Valois. La magnificence et la galanterie règnent au Louvre lorsqu'une jeune fille, riche, de très haut noblesse, orpheline de père, est entraînée à la cour par sa mère pour y être mariée. Mlle de Chartres entre donc sur le marché matrimonial, guidée par Mme de […]
