2. Des zombies terriblement humains
Contrairement à certains films d'horreur des années 1980, le film de Romero ne fait jamais appel au second degré ni à la connivence, au clin d'œil. Le film se fait le reflet des peurs de son époque : la guerre froide bien sûr, mais aussi l'inquiétude de ce que l'homme va rapporter de son séjour sur la Lune, prévu en 1969 (n'y aurait-il pas dans l'espace des substances dangereuses ?).
Un drapeau américain planté à l'entrée de la petite bourgade rurale où débute l'histoire suffit cependant à suggérer que le film est une parabole, non du monde ou du rapport entre les nations, mais des États-Unis. Parabole politique et raciale notamment : le Noir serait le seul personnage masculin positif du film, et c'est lui qui est abattu, non par des morts-vivants mais par d'autres hommes. L'interprétation est toutefois à nuancer : dans la maison se trouve un autre personnage de bonne volonté, Tommy, qui est un Blanc, et ce n'est pas en tant que Noir que Ben est abattu à la fin, seulement comme une forme qu'on voit vaguement bouger à l'intérieur de la maison. D'ailleurs, aucun des autres personnages ne fait allusion à sa couleur de peau.
En revanche, ce que le film montre très bien, c'est la permanence d'une culture de la justice locale expéditive, à en juger par la joie de la milice du comté à effectuer son travail de « ratissage » et d'extermination des morts-vivants, comme à tirer de loin sur des formes humaines en mouvement. Le film s'achève d'ailleurs par un bûcher de cadavres qui éveille d'horribles associations.
Le film s'attache à un tout petit noyau de personnages, mais les informations à la radio, puis sur le petit écran, lorsqu'un téléviseur est trouvé dans la maison, élargissent le phénomène à l'ensemble du pays. Curieusement, et de manière symbolique, aucune information n'est donnée quand à l'effet des radiations dans d'autres pays. D'autre part, les personnages en scène, sauf le jeune couple qui parle d'amour, sont entièrement dans le concret et d […]
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