1. Une épopée chrétienne
Le récit s'ouvre par l'investiture de Godefroi de Bouillon auquel Dieu confère la mission de libérer le Saint-Sépulcre. Mais les principaux chevaliers chrétiens, Renaud et Tancrède, sont détournés de la conquête de Jérusalem par la magicienne Armide, qui tente de séduire le plus grand nombre de chevaliers possible : « Elle déploie tous les artifices pour prendre/ dans ses filets quelque nouvel amant ;/ elle n'a pas pour tous, ni toujours, le même/ visage, mais change tour à tour de façons et d'allure. » L'amour de Tancrède pour Clorinde, une guerrière musulmane, et de fausses illusions créées par Satan sont les obstacles majeurs qui retardent les croisés.
Les païens en profitent pour donner l'assaut, d'autant qu'un certain nombre de difficultés viennent enrayer la marche des chrétiens : Tancrède tue la femme qu'il aime dans une terrible méprise et tombe plus mort que vif. Le bois permettant de fabriquer les tours de combat se révèle ensorcelé. Quant à Renaud, pris dans le piège d'Armide, il se complaît dans ses jardins et s'adonne à la luxure.
Devant ce point de non-retour, l'intervention de Dieu est nécessaire : il conseille à Godefroi de faire revenir Renaud. Ce dernier se repent et rentre au camp, abandonnant celle qui l'avait envoûté. Après avoir délivré les autres chevaliers prisonniers d'Armide, il rompt l'enchantement de la forêt, ce qui rend possible l'assaut final et la victoire : « Ainsi triomphe Godefroy, et il a encore/ tant de lumière du jour devant lui,/ qu'à la cité enfin libérée, à la sainte/ maison du Christ il conduit les vainqueurs. »
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