La mondialisation a placé la diffusion du progrès technique et le commerce extérieur au cœur de la croissance et du développement. Pourtant, rarement un phénomène économique aura été aussi décrié. Dans son ouvrage La Grande Désillusion (Fayard, 2002) – traduction française de Globalization and its Discontents (W. W. Norton, 2002) –, Joseph Stiglitz revient sur les failles du système. Certes, la mondialisation s'est révélée être un formidable instrument de développement. Le miracle asiatique en est la plus parfaite illustration. Mais elle a contribué dans le même temps à accroître les interdépendances des économies et, ce faisant, leur sensibilité à des chocs extérieurs, ainsi que les inégalités dans le monde. Toutefois, selon Stiglitz, plus que la mondialisation en elle-même, c'est la manière dont elle a été gérée qui est condamnable. Si les défaillances des marchés, dont la mondialisation est porteuse, justifient l'intervention des États et des organisations supranationales, seules susceptibles, selon la logique keynésienne, de garantir la stabilité économique et la justice sociale, force est de constater, à la lumière des crises internationales observées depu […]
