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LA FOIRE AUX VANITÉS, livre de William Thackeray

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2.  Un réalisme plein d'humour

Avec La Foire aux vanités, Thackeray rompt avec le roman de genre de l'époque victorienne, qui met en scène des caractères et des « types » plus ou moins attendus du lecteur. Pour la première fois, les individus ne sont plus présentés selon les normes d'une règle manichéenne. Il s'agit, au contraire, de personnages plus vraisemblables, qui connaissent de fréquentes faiblesses et les quelques moments de grandeur d'âme de tout être humain. Certes, l'œuvre révèle une vision plutôt pessimiste de l'évolution des sociétés humaines, mais ce n'est pas un roman noir ni misérabiliste. Le sous-titre de l'œuvre, un « Roman sans héros », suggère la volonté de Thackeray : décrire des gens ordinaires, sans les statufier au nom de l'écriture romanesque, ni en faire des caricatures. Plein d'humour, l'auteur place ses personnages dans les situations de la vie quotidienne, mettant par exemple en scène la colère du capitaine Dobbin, quelque peu gâtée par l'œuf et le pain beurré dont il a la bouche pleine : « Cake, vou êtes un fou stoupide, vous êtes toujou à dire des sottises et pallé de scandale. » Toute une galerie de portraits est croquée avec art, vivacité et variété. Ainsi la première apparition du frère d'Amélia dénonce aussitôt la fatuité du personnage : « Un gros et gras gaillard, en épaisses bottes de daim à la hongroise, enseveli sous plusieurs cravates qui s'élevaient presque à la hauteur de son nez, avec un gilet rayé de rouge et un habit vert pomme... ».

Thackeray ne nous livre pas non plus une œuvre à thèse ni une critique radicale de la société victorienne. Il ne lance pas un appel aux classes défavorisées pour qu'elles renversent l'ordre établi. L'auteur ne croit guère aux effets d'une révolution, dans la mesure où la situation lui apparaît comme issue des seuls appétits de l'homme, l'égoïsme et la vanité notamment. Parvenue à son but, riche et considérée, Becky n'en serait pas pour autant transformée. Elle se comporterait, à l'égard de ses semblables, avec la même injustice que celle qu'elle subit. Tout le roman clame la fragilité des ambitions humaines, dans la mesure où elles sont le fait d'individus médiocres, totalement étrangers à l'idée de dépassement de soi.

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« LA FOIRE AUX VANITÉS, William Thackeray » est également traité dans :

THACKERAY WILLIAM MAKEPEACE (1811-1863)

Écrit par :  Raymond LAS VERGNAS

Dans le chapitre "Une ironie désabusée"  : …  spirituel a donc résidé en une leçon de discernement et néanmoins de confiance en la vertu. *La trame de La Foire aux vanités, comme l'argumentation, pour décousue qu'elle soit, du Livre des snobs n'a d'autre portée que celle d'un sermon laïc sur la fragilité des ambitions humaines dirigées en dehors des chemins de l'… Lire la suite

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Page de titre de Vanity Fair (La Foire aux vanités) de William Makepeace Thackeray

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