Publié en 1942, sous le régime franquiste, dans l'après-guerre civile, ce premier roman de Camilo José Cela (né en 1916), alors âgé de vingt-six ans, fut salué comme un événement qui annonçait un renouveau littéraire. La violence et la brutalité du récit, autant que la technique narrative, procédant par accumulation de faits plus horribles les uns que les autres, rapportés sur un ton de froideur objective, dans un mélange étrange de cruauté et de tendresse, provoquèrent indignation et admiration. Un profond pessimisme sur la nature humaine semble inspirer cette mise en scène d'une destinée atroce, qui donna naissance en littérature à la mode du tremendismo, représentation exacerbée des choses les plus répugnantes.
Il s'agit de la confession rédigée, dans sa prison, par un criminel, condamné à mort, qui attend son exécution. Le manuscrit, daté de 1937, découvert en 1939, est retranscrit fidèlement, à l'exception, est-il précisé, « de quelques passages trop crus ». Pascual Duarte, paysan fruste d'une région aride d'Extrémadure, est alors âgé de cinquante-cinq ans. Sa vie s'est déroulée dans un décor sinistre. U […]
