2. L'univers de « La Comédie humaine »
À la charnière de 1834 et de 1835, avec Le Père Goriot, Balzac met en œuvre une importante découverte, celle des personnages reparaissants. Cette technique, déjà utilisée dans deux ou trois romans, va désormais être systématiquement employée, sauf pour quelques personnages âgés : le père Grandet, le père Goriot, le père Séchard, le cousin Pons. Le procédé offre au lecteur de cette œuvre immense de constantes surprises : retrouver jeune, par exemple, un personnage qu'il a connu vieux. Il permet aussi une grande familiarité avec des figures telles que Bianchon ou Nucingen, présents dans une trentaine d'œuvres.
Si l'on ajoute à ces quelque deux mille personnages fictifs plus de trois mille personnes réelles, le lecteur se trouve bien en présence de ces « Mille et Une Nuits de l'Occident » que voulait réaliser Balzac. On peut réellement parler, comme le faisait Pierre-Georges Castex en 1975 dans sa présentation de l'édition de La Comédie humaine dans la Bibliothèque de la Pléiade, d'un univers de La Comédie humaine.
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