Commencé à Bruxelles le 21 juillet 1866, continué à Guernesey, puis achevé à Bruxelles le 23 août 1868,L'Homme qui rit est la dernière grande œuvre d'exil de Victor Hugo (1802-1885). Sa rédaction, souvent interrompue, est marquée par le double deuil qui frappe l'auteur en 1868 : Georges, son petit-fils, et sa femme, Adèle. Nul doute qu'il ait exercé une influence sur le sens du roman et développé sa dimension métaphysique, notamment avec la conception de la mort comme transfiguration. Cette dimension est en partie cause de l'échec que l'ouvrage rencontra à sa parution : « J'ai voulu abuser du roman, concluait Hugo ; j'ai voulu en faire une épopée. J'ai voulu forcer le lecteur à penser à chaque ligne. De là une sorte de colère du public contre moi. »
Un soir de janvier 1690, un jeune garçon est abandonné au bas de la falaise de Portland. La troupe qui l'accompagnait s'embarque sur un bateau qui, peu après, fait naufrage. Avant de périr, les fuyards consignent l'aveu de leurs crimes sur un parchemin glissé dans une gourde qu'ils jettent à la mer. Errant sur la presqu'île, le garçon découvre, dans les bras raidis […]
