2. Portée de l'œuvre
L'Homme Moïse... n'est pas seulement la construction d'une préhistoire effacée, mais aussi l'analyse des motifs de sa falsification et du procès d'écriture (effacements, substitutions et déplacements de lettres) par lequel fut fixée la légende de Moïse ; enfin Freud y donne à lire l'histoire, entre Vienne et Londres, de son propre travail d'écriture dont il n'a pas voulu effacer les traces dans ces années 1934-1939 où le destin du peuple juif, le destin de la psychanalyse et le destin de L'Homme Moïse... furent intimement mêlés.
Ce livre a suscité des interprétations et commentaires multiples, parfois violents et extravagants. Trois orientations se dessinent : des ouvrages plutôt écrits dans une perspective historienne (Yosef Hayim Yerushalmi ; Jan Assmann), des interprétations portant plutôt sur la personne de Freud (Marthe Robert ; Ilse Grubrich-Simitis), enfin des travaux portant plutôt sur la question de l'écriture, de la trace, de l'archive (Michel de Certeau ; Jacques Derrida ; Brigitte Lemérer, François Balmès et Solal Rabinovitch).
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



